La badgification peut-elle marcher ?

badgification

Une des mécaniques les plus exploitées en gamification est l’attribution de badge aux utilisateurs suite à une réussite : il s’agit d’influencer positivement son comportement. Mais comment s’assurer que le badge signifie quelque chose pour l’utilisateur, et donc soit utile à la marque ?
 

Pourquoi des badges ?

Des exemples de gamification passant principalement par les badges ont été couverts régulièrement au fil de ce blog : GoogleNews, mais aussi Samsung.com, et l’exemple revenant le plus souvent, le service de localisation Foursquare. Des badges donc pour tout : pour lire tant d’articles sur le hockey, pour avoir écrit un commentaire sur un produit, ou tout simplement pour s’être localisé dans son magasin de quartier plus souvent que n’importe qui d’autre.

Le badge est régulièrement utilisé dans les jeux, annonçant la réussite d’un niveau puis si la réussite était optimale ou très limite. C’est donc tout naturellement que les premiers processus de gamification reprennent ce système.

La logique de badge répond en effet à de nombreuses mécaniques du jeu : le feedback positif fourni par la récompense, et le fait l’utilisateur a pour cela rempli un objectif clair et précis, souvent décomposé en différentes étapes pour les différents niveaux d’un même badge. D’autres mécaniques peuvent être intégrée, comme des badges dont l’objectif est caché, faisant la surprise au joueur lorsqu’il gagne celui-ci… Le badge peut-être virtuel, facilitant sa distribution, et il peut quand même être mis en évidence sur le profil de l’utilisateur.
 

We don’t need no stinking badges

Mais les critiques attaquent justement cela : qu’apportent les badges sinon un droit à se vanter Quelle importance donner à un badge reçu après avoir fini un article sur une catastrophe naturel ? Y a-t-il une véritable réussite dans le simple fait de remplir son profil sur un énième site ?

“We don’t need no stinking badges” (On n’a pas besoin de vos badges qui puent littéralement, la phrase est en fait un mélange de plusieurs phrases issues du film The Treasure of the Sierra Madre de John Huston) est devenu la citation préférée contre cette tendance à la badgification : que voulez-vous que l’on fasse de ces badges ?

Le badge est certes un moyen de mettre en évidence la motivation intrinséque du joueur, se satisfaire de l’accomplissement de la tâche, et de l’augmenter en offrant en plus une motivation extrinsèque, soit le résultat de la tâche. Remporter le badge peut devenir la seule raison pour que le joueur accomplisse la tâche. La motivation extrinsèque peut donc s’imposer sur l’intrinsèque, le problème devient alors de réussir à valoriser ces badges virtuels, remportés en accomplissant des tâches d’une difficulté limitée…

Comme CowClicker pour le Social Gaming, des jeux sont apparus pour dénoncer la badgification (récompenser de badges tout et n’importe quelle action), très souvent associée à la pointsification (ajouter un compteur de points à toutes les actions), tels que Progress Wars de Jakob Skjerning.
 

La parcimonie comme solution?

Récompenser n’importe quelle action par un badge n’est donc pas la solution. Comment garantir l’utilité des badges ?


La barnstar du jeu vidéo de Wikipédia, récompensant les Wikipédiens qui se sont distingués par leur contribution dans le domaine des jeux vidéos

 
Parmi les badges les plus efficaces on compte les barnstars de Wikipedia. Ces badges très discrets sur le site sont attribués aux meilleurs contributeurs par leurs pairs. Ils équivalent à une reconnaissance de l’expertise et de la contribution de l’utilisateur. Le mode d’attribution de ces badges assurent de l’utilité de la contribution. Le badge prend là tout son sens dans le contexte social qui l’entoure, la récompense d’une communauté à un individu qui s’en distingue.

Allant dans la même direction, Foursquare a récemment annoncé un système de badge plus complexe pour révéler l’expertise de ses utilisateurs dans différents domaines. Ainsi, pour faire reconnaître son expertise dans le domaine de la pizza (en tant que goûteur bien entendu), les utilisateurs devront checker au moins 5 fois dans une même pizzeria ou bien une fois dans 3 différentes. Pour atteindre le niveau 2 de Pizzaiolo il s’agira de checker dans 5 différents restaurants, et 5 pizzerias différentes ensuite pour chaque niveau suivant. Ces badges distingueront ainsi les utilisateurs selon leur expertise, et permettront aux autres utilisateurs de mieux juger leurs critiques et conseils.

On peut appuyer cette réflexion par le raisonnement de Jean M. Twenge tel qu’il est présenté par Jane McGonigal : l’épanouissement véritable se trouve dans la réalisation d’engagements envers les autres. Nous voulons être regardés par les autres non pas selon qui l’on est, mais selon ce que l’on a réalisé. Les études de Twenge ont montré que plus on se concentre sur nos réalisations pour notre compte personnel, plus on est susceptible de souffrir de dépression et d’anxiété.

La gamification implique-t-elle donc un tissu social déjà établi pour être vraiment efficace ?

Sources : zdnetasia.com, blog.foursquare.com, technologyreview.com.
Image issue de aboutfoursquare

A vous de jouer !

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