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Gamification de la censure en Chine

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Comme l’a dit Seth Priebatsh lors de son TED Talk : “Utiliser consciensieusement, la gamification peut permettre d’influencer les comportements, pour le bien, pour le mal, entre les deux, espérons pour le bien.”

En mai dernier, le site chinois de microblogging Sina Weibo a dévoilé une mécanique de jeu vraisemblablement utilisée pour le mal. Il s’agit de gamifier la censure et la propagande.

La gamification de Sina Weibo

Sina Weibo est un site de microblogging chinois. Pour limiter la propagation de propos censurés, les autorités ont mis en place un système de permis à points pour les utilisateurs. Un compte dispose de 80 points initialement. Pour chaque propos inadéquat, le site retire des points, et lorsque le compteur tombe à 0, celui-ci est supprimé. Il est aussi possible de “racheter” ses erreurs en publiant du contenu “officiel”, puisque cela permet de récupérer quelques points perdus. Mais attention, la limite supérieure du compteur est 80 points, on ne peut donc pas zeler pour soutenir le régime.


Punition et récompenses : ça marche ?

Récompense.

Un supporter du régime serait certainement très heureux de montrer l’étendue de son soutien en étalant des points supplémentaires. Pourquoi donc limiter à 80 points ? Il est certain que les utilisateurs seraient sensibles à ces points supplémentaires. On ne serait pas dans une simple démarche de récompenses externes mais bien dans la mise en valeur de ses convictions politiques ; il s’agit donc d’une démarche pleine de sens et profondément intrinsèque. Avec un tel système, les autorités aurait participé à créer de vrais mécanismes d’incitations à la viralité de la propagande.

Punition.

En game design, une punition forme un obstacle au joueur dans la poursuite de son but. La punition de Sina Weibo n’en est donc pas vraiment une. En effet, l’objectif du dissident politique n’est pas d’être aimé du régime, c’est au contraire de s’opposer à lui. Le fait de retirer des points est en l’espèce dépourvu de sens pour l’utilisateur. Il n’y a donc pas ici de gamification, c’est une simple répression.